L’Inde… J’ai toujours su que la vie là bas était dure pour la plupart de ses habitants. On a tous vu ces images à la télévision, d’enfants fouillant dans les ordures, d’absence totale d’hygiène et de sécurité, de conditions de vie inhumaine, mais y être confronté pour la 1ère fois, c’est quelque chose de très dure à prendre avec philosophie pour ma part . Toutefois, passer par Darjeeling m’a permis de m’en rendre compte en douceur.
En effet, c’est ce qu’on pourrait appeler une “station de montagne” où les Indiens privilégiés peuvent venir se reposer pour échapper aux chaleurs extrêmes et aux mauvaises conditions climatique qu’on rencontre sur une grande partie du continent durant l’été. C’est relativement propre, tout le monde vaque à ses occupations, la récolte du thé et le tourisme apportent beaucoup de travail aux habitants. J’ai donc rencontré beaucoup d’Indiens en vacances et très peu de touristes occidentaux (c’est pas la saison, la meilleur moment pour venir étant septembre/octobre).

Pour prendre le train qui m’amène à Delhi, il faut me rendre à Siliguri, la seconde ville du West Bengal qui compte plus de 500.000 habitants. La démographie et la croissance y sont en pleine explosion sans doute grâce aux activités précédemment citées. J’ai pu apprendre qu’il s’agit de la ville où les habitants (privilégiés) ont le niveau le plus élevé d’éducation dans cette partie de l’Inde. J’ai vu en effet pas mal de pub pour des écoles et des diplômes sur la route entre Darjeeling et Siliguri. J’ai pu discuter avec deux jeunes Indiens qui venaient s’inscrire dans l’une de ces écoles, loin de chez eux.

Je ne suis pas venu  à Siliguri pour faire du tourisme, simplement pour prendre le train qui m’amènera à Delhi, mais j’ai du y passer une nuit pour assurer mon départ (le trajet en taxi collectif entre les deux villes étant très aléatoire au niveau temps, il m’aura fallut prêt de 4h pour arriver à destination).
Je suis revenu au point où j’étais arrivé après le Népal, à savoir, la gare de bus centrale de la ville. D’ici, j’ai pu prendre un petit taxi collectif à trois roues pour me rendre à NJP ou New Jalpaiguri, où est situé la gare d’où la majorité des grandes lignes partent.

La gare fait face à un grand parking où on voit toutes la vie de l’Inde défilée. Des bus qui déchargent leur flots de voyageurs aux taxi qui se battent pour vous amener quelque part. Toute une économie s’est développée autour de cette gare, j’ai donc pu trouver sans problème un hôtel “correct” à 2min à pieds. Bon, oublié l’hygiène telle qu’on a la connait, et oublié la douche aussi (ne parlons pas de l’eau chaude…). Ici, c’est un robinet et un saut dans les toilettes, on s’y fait, ou pas, notamment à l’absence de papier toilette… A 3€ la nuit, je n’en demande pas plus, la chambre est minuscule mais a le mérite d’être a peu prêt propre et un drap propre me permet de dormir dans de bonnes conditions.

Pendant la nuit, un déluge s’abat sur la ville, après les grosses chaleurs de la journée, toute l’humidité accumulée dans les nuages de la journée se déverse à grand flots sans discontinuer une grande partie de la nuit.
Au petit matin (6h30), on est réveillé par la discrétion légendaire des habitants des pays orientaux ou asiatique (pas tous, j’entend bien), à savoir, la tv ou la musique à fond, de gros crachats qui vous font vous demandez s’ils n’en rajoutent pas, des pets (oui oui, vous avez bien lu…), ou autre joyeuse rie qu’on a tant de mal à accepter chez nous… Après avoir écrit quelques pages sur mon journal, je pars à la recherche d’une mangue pour mon petit déjeuner et là, je me retrouve face à la vie des “classes populaires” ou pauvres qui ne travaillent pas à l’usine, il n’y en a pas ici, mais qui travaillent le long des routes (ou a coté de la gare dans ce cas), en faisant des activités telles que : coiffeur/barbier, réparation de pneu, mécanique générale, beaucoup de boui boui où manger local plus ou moins dans de bonne condition d’hygiène (c’est vite dit…), vendeur de snack (beaucoup de chips Lays et sucreries), taxi (à moteur ou à la force des jambes), réparateur de parapluie, réparateur de chaussure, cireur de chaussure, tamiseur de sable, vendeur de clefs, vendeur de clous et boulons, casseur de cailloux au marteau, soudeur, vendeur de charbon, de briques, désosseur de carcasse d’ordinateur ou d’électro-ménager, et j’en passe… Toute cette population vie et travaille sur le même lieu, chacun sa petite cahute en tôle ou bois au milieu du trafic de gros camion et bus qui se rendent à la gare.
Imaginez la pollution et l’insalubrité des lieux même si les grosses pluie ont le mérite de faire “le ménage”… A coté de tout ça, on trouve des panneaux publicitaires géants qui promeuvent les différents opérateurs mobile du pays. Les enfants sont là avec leurs parents, au milieu du brouhaha et de cette frénésie. Certains attendant, d’autres jouent, d’autres font la manche, certains ramassent les épis de maïs consommés ou les bouteilles en plastiques pour ce faire un peu d’argent en les revendant…
Je trouve ma mangue auprès d’un petit pépé qui a son étale sur un carton et qui vend une petite vingtaine de mangues… il pèse ma mangue, je lui donne 10INR (17cts), il semble satisfait du prix (c’est moins cher ici qu’à Darjeeling).
Evidemment, les “vieux” sont pour la plupart dans un “mauvais état” physique, l’accès au soin ne doit pas être évident, c’est sans doute une chose auquel ils croient ne pas avoir droit (je ne sais pas d’ailleurs si l’Inde aide cette partie de la population). Ca fait mal au cœur de voir tout ces gens et ces enfants vivre comme ça, dans des conditions de vie qu’on imagine pas un instant accepter pour quiconque. Mais c’est la vie ici, et ils vivent comme ça et font des enfants. Bon les enfants ici doivent pour la plupart subvenir aux besoins de leur parents durant leur vie adulte, quand ce n’est pas durant leur enfance… donc ce n’est pas la même “conception” qu’on a de faire des enfants chez nous…
Je m’étonne face au cœur de pierre que je peux avoir dans ses moments là quand ces enfants viennent me voir et me demandent de l’argent, ou simplement la mangue que je viens d’acheter. Je ne savais pas comment j’allais réagir face à cette “misère” et cette vie dure, très dure. En fait, je réagis plutôt “bien” (en fait non pas si bien… depuis mon arrivée à Delhi…) et j’arrive à faire la part des choses. J’essaye d’expliquer aux enfants qui me comprennent que si je donne à un, je donne à tout ses copains et aux copains de ses copains… alors je ne donne rien.

Mon arrivée à Delhi est encore plus dure à supporter. Absence totale de gestion des ordures dans la banlieue, du coup les habitant vident leur poubelle entre les maisons où des petites montagnes d’immondices grandissent au fur et à mesure. Les rivières sont complètements noires. Les enfants jouent au milieu de ces montagnes ou pour certains, font du cerfs volant à quelques mètres des lignes à haute tension depuis leur toit… Beaucoup de pauvres semblent vivre au milieu des voies ferrées, des petites “tribus” semblent y avoir élu domicile, avec beaucoup d’enfants, ils peuvent utiliser l’eau des gares pour se laver… Le quartier autour de la gare me fait penser au moyen âge, ni plus ni moins, pas de goudron dans la rue, de la boue et de la poussière partout avec des odeurs inimaginables… des métiers dont j’ignore le but (découpeur de ruban de métal par exemple…). Etonnement, le vieux Delhi m’apparaît dans un bien meilleur état. Je m’étonnais du bordel dans les fils électrique à Katmandou, je pense que Delhi bat tous les records dans ce domaine…

La rencontre de quelques jeunes occidentaux me fait réfléchir sur le volontariat qui est monnaie courante dans ses pays. De nombreuses associations proposent en effet de travailler volontairement (ou pour certaines, moyennant un tarif de quelques centaines d’euros pour un mois, nourris, logé), dans l’éducation des illettrés, l’aide aux handicapés, des projets de constructions d’école, etc..  J’ai rencontré ces jeunes à Katmandou et à Delhi. Si j’avais à le faire, je pense en être capable et je suis sûr que ça doit être très enrichissant, mais je ne n’en est pas “envie”. C’est un très beau geste qui doit encore plus vous faire comprendre que votre situation d’habitant de pays "riche” est une situation ultra-privilégiée (avec ces travers bien sûr, mais vivre cette vie ici, ce n’est tout simplement pas acceptable…), et on doit sortir grandit de tout ça même si les causes de ce besoin de travail volontaire réalisé par des occidentaux, pour aider toute cette population me dépassent complètement et je ne vois pas vraiment ce que je peu y faire… :(

Etre confronter à tout ça sans pouvoir parler à quelqu’un me pèse énormément. Heureusement, Internet est là pour rester en contact avec mes proches, Claire, Catherine, ma Mère, mes Grands Parents, mes amis et c’est bien là la seule chose que je peu faire à  mon niveau faute de pouvoir aider ces gens, rendre mes proches heureux en leur témoignant mon amour et en leur apportant tout ce que je peu de positif dans la vie.
Ma mère m’a donner un livre avant mon départ traitant de l’art de la méditation. Après la 2ème lecture, j’arrive à me servir des conseils prodigués dans ce livre pour maîtriser une partie des émotions et pensées négatives qui me traversent l’esprit, et je vais essayer de continuer à apprendre à “contrôler" mon esprit afin de mieux comprendre les autres et la vie pour ainsi réussir à faire ce bonheur dont on à tous besoin.

Au cours de mon voyage, je ne serai pas beaucoup confronté à cette “misère” et à cette vie difficile, car je l’ai choisi et je vais l’éviter. Je sais qu’elle est là, j’y pense, mais je ne me sens pas capable d’agir pour faire quoique ce soit. Le peu que je puisse faire, à mon niveau, et d’acheter des produits locaux, et ainsi, donner un peu d’argent aux gens qui travaillent pour qu’ils puissent vivre, tout simplement.

J’admire ces femmes et ces hommes qui vouent leur vie à aider leur prochains et ces populations. Je pense à Nelson Mandela et je citerai cette phrase:
“Je rend grâce au Dieu quelqu’il soit,
Pour mon âme invincible et fiers,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme”

Un des buts que je m’étais fixé en partant seul autour du monde (à défaut d’être parti avec celle que j’aime), était d’apprendre plus sur moi même, de réfléchir à ma condition, ma vie et mon futur. Je suis en plein dedans, je n’ai jamais autant réfléchi à moi, aux autres et à la vie. C’est là l’une des expériences les plus enrichissantes que j’ai eu à vivre depuis mes 31 années. Certes cette réflexion est en trait d’union, car revenir dans des contrées plus “touristiques” telle que la Thaïlande ou l’Indonésie, ou faire du kite surf au Sri Lanka m’éloignera de cette réalité, mais m’y être confronté m’aidera à continuer à avancer, réfléchir et comprendre ce dont je suis à la recherche, à savoir une vie remplie de bonheur pour moi et mes proches.

Pour finir sur une note positive :) sachez qu’ils savent faire la fête et qu’ils aiment ça! Hier soir j’ai pu assister à une petite parade d’enfants, d’hommes et de femmes, avec synthétiseur sur un ptit pouss pouss, tambour et chants, avec feu d’artifice et danses dans les rues au milieu des vaches du  petit quartier où j’ai dormi.
Tant d’étincelles qui s’élèvent dans le ciel et qui donne de la joie à tout ces gens me réchauffent le cœur!

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Merci à ceux qui m’ont lu :) ça me fait du bien d’écrire pour partager mess pensées. Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires, ils me feront le plus grand bien et me permettront d’avancer encore et encore ;)
Je pars maintenant pour 2 jours de train pendant lesquels je vais traverser l’Inde du Nord au Sud et pendant lesquels, c’est certain, j’aurai le temps de “méditer” à tout ça.
PS:Désolé pour les fautes